lundi 25 novembre 2013

Mardi du livre du 5 novembre

Le mardi du livre fête sa première année d'existence ! En cette occasion, les participants étaient au rendez-vous. Voici les ouvrages présentés. 


L'atelier des miracles, de Valérie Tong Cuong. L'histoire de trois personnes blessées par la vie. Il y a Mariette, Milly et Monsieur Mike. Tous ont un passé difficile, avec une enfance malheureuse, des peines de cœur et des drames qui ont bouleversés leurs vies. Ils rencontrent Monsieur Jean, qui anime l'atelier des miracles et va les aider. Ce personnage aux pratiques bizarres a pourtant des tendances à la manipulation. Ce roman se lit très vite et facilement, Marion nous le conseille. 


 


Du domaine des murmures, Carole Martinez. Ce roman se déroule au 12ème siècle. C'est l'histoire d'une jeune fille de 15 ans prénommée Esclarmonde, qui va être mariée à un chevalier. Or, le jour de ses noces, elle refuse de l'épouser et se coupe l'oreille. Elle décide de consacrer sa vie à Dieu et se fait emmurer vivante (pratique courante à l'époque). Le matin de son emmuremment, elle se fait violer et tombe enceinte, ce qui l’amènera à accoucher dans sa cellule en faisant croire à tous que l'enfant est un don du ciel. Ce mensonge va faire d'elle une icône et attirer une foule de pèlerins. L'histoire peut paraître ardue mais il s'agit d'un bon livre, qui emprunte tout de même beaucoup aux contes de fées. 


  




Les liaisons dangereuses, Choderlos de Laclos. Ce classique de la littérature française vaut la peine d'être lu pour ceux qui ne le connaissent pas et relu pour ceux qui l'ont peut-être étudié en classe. Roman épistolaire, il dévoile les échanges entre le vicomte de Valmont et la marquise de Merteuil, deux libertins du 18ème siècle. Ces manipulateurs sans scrupules allient leurs forces pour arriver à leurs fins, c'est-à-dire nuire à d'autres personnes la plupart du temps. Très bien écrit, sulfureux, cruel et drôle.







Manon Lescaut, Abbé Prévost. Ce roman du 18ème siècle raconte l'histoire d'un chevalier qui rencontre une femme appelée Manon et en tombe amoureux. Écrit à la première personne, il s'agit du récit du chevalier et témoigne des effets dévastateurs de la passion.












Un jour je m'en irai sans avoir tout dit, Jean d'Ormesson. Le célèbre auteur raconte dans cet ouvrage son enfance et sa vie, entremêlé de passages métaphysiques. L'écriture est très précise, elle en devient lourde et Geoffrey ne conseille le livre qu'aux adeptes de l'auteur. 







Les étranges talents de Flavia de Luce, Alan Bradley

Ce roman policier se passe dans une petite ville d’Angleterre, dans les années 1950. Il est original car l’héroïne, Flavia, est une jeune fille d’une dizaine d’années. Elle appartient à une vieille famille aristocratique et vit dans un manoir avec son père, ses deux sœurs et un homme à tout faire étrange. Son père est un homme taciturne qui ne se passionne que pour sa collection de timbres. Sa sœur aînée est passionnée par son physique et sa deuxième sœur par la littérature. Flavia est quant à elle passionnée par la chimie et passe son temps à tenter des expériences dans un laboratoire installé dans le manoir, héritage d’un vieil oncle. Elle expérimente notamment ses concoctions maléfiques sur sa sœur aînée à son insu et tient un journal où elle note les réactions de son sujet d’expérimentations.

Un soir, Flavia surprend une dispute dans le bureau de son père, entre celui-ci et un inconnu. Le lendemain matin, elle découvre le cadavre de l’inconnu dans un carré de concombres du potager. Elle va alors entreprendre une enquête afin de comprendre qui est cet homme et pourquoi il a trouvé la mort dans leur propriété. A l’aide de sa bicyclette, elle arpente les environs, allant à la rencontre de témoins dans cette affaire. Elle est déterminée à découvrir la vérité, d’autant plus que son père est inculpé pour le meurtre de l’inconnu.

Ce roman est vraiment sympathique, en tout cas pour ceux qui aiment l’atmosphère anglaise proche d’Agatha Christie. L’auteur a publié ce live à l’âge de 70 ans et il a reçut une avalanche de prix littéraires. Il s’agit du premier tome d’une série de 5 épisodes et a fait l’objet d’une adaptation télévisée.



La terre des mensonges, Anne B.Ragde
                L’histoire se passe en Norvège. On y suit alternativement le quotidien de 3 hommes, un éleveur de porcs, un décorateur de vitrine et un gestionnaire d’une entreprise de pompes funèbres. Puis on s’aperçoit que ceux-ci sont frères. Ils vont se retrouver pour le décès de leur mère, alors qu’ils ne se fréquentent plus depuis des années. Cette sinistre occasion est également celle qui permet à la fille de l’éleveur de porcs de le découvrir. Elevée par sa mère, elle ne connaît pas son père mais celui-ci l’appelle pour dire au revoir à sa grand-mère.

Les personnages, qui n’ont rien en commun et vivent dans des univers diamétralement opposés, vont devoir cohabiter quelques jours, autour d’un père un peu simplet qui ne comprend rien. L’histoire pourrait être déprimante et sans intérêt mais ce n’est pas le cas du tout. Au contraire, elle donne de l’espoir sur les rapports humains et leur possible évolution, même quand on pense qu’il est trop tard.  Magnifiquement bien écrit, le livre est passionnant ; d’autant plus qu’à la fin, un coup de théâtre incroyable vous laisse scotché. On n’a qu’une envie : lire la suite et ça tombe bien puisqu’il s’agit du premier tome d’une saga.


Lointain souvenir de la peau, Russel Banks

Ce roman se passe aux USA, de nos jours, dans une grande ville. On y suit un jeune homme condamné pour crime sexuel qui essaie de survivre. Après avoir effectué un séjour en prison, il a été relâché avec un bracelet électronique et a interdiction de vivre à moins de 800 mètres d’un enfant. De ce fait, il est obligé de squatter sous un viaduc, avec d’autres criminels sexuels. Il a pour seul ami un iguane géant qu’il a depuis qu’il est adolescent. Au début de l’ouvrage, on ne sait rien de lui et on suit son quotidien, sa survie. Il va rencontrer un professeur d’université atypique qui souhaite mener une étude sur les criminels sexuels. Ce dernier va tenter de l’aider à sortir de sa condition tout en l’amenant à se confier sur son parcours. Au fil du livre, on va donc apprendre ce qui est arrivé à ce jeune homme. Le sujet peut paraître rebutant mais ça n’est absolument pas le cas. Le livre est très bien écrit et on est très vite fasciné par les personnages, avec l’envie de savoir ce qu’il va bien pouvoir advenir d’eux.

L’ouvrage fait réfléchir sur  de nombreux sujets actuels, notamment sur la façon dont Internet s’immisce dans nos vies et permet de tout savoir des individus. Il y a également une réflexion sur la sexualité et les déviances qui habitent les êtres humains. Psychologiquement, le livre est d’un grand intérêt.


vendredi 18 octobre 2013

Mardi du livre du 1er octobre

En ce mois d'octobre, les amateurs de lectures étaient nombreux ! Voici les ouvrages présentés.

 


Caryl Férey, Zulu. Ce polar se déroule en Afrique du Sud. On y suit un policier au passé difficile qui doit démanteler un réseau de stupéfiants. Il est confronté à la corruption et à l'imbrication de la politique et du trafic de drogues. Le livre permet de comprendre les problèmes auxquels est confrontée l'Afrique du Sud. L'auteur se documente énormément pour la rédaction de ses ouvrages afin d'ancrer ses histoires dans la réalité. Si vous voulez plonger dans la face obscure de l'Afrique du Sud, ce livre est pour vous !


Henry Troyat, La Malandre. Ce livre fait partie d'une saga familiale qui décrit la France profonde. Ce premier volume se déroule dans les années 1960. L'auteur, prolifique, a une façon d'écrire qui peut paraître vieillotte mais c'est agréable à lire. Il a par ailleurs rédigé de nombreuses biographies et ouvrages sur la Russie. Merci à Blandine pour la présentation de ces deux ouvrages.


Frédéric Beigbeder, Dernier inventaire avant liquidation. Cet ouvrage comporte les résumés de 50 grands classiques de la littérature. Son but : les désacraliser. Il permet de prendre connaissance d’œuvres qu'ont ne connaît bien souvent que de nom, avec une touche d'humour. Par exemple, il dit de Nadja, d'André Breton : "c'est comme fumer un gros joint sauf que c'est légal et encouragé par l’Éducation Nationale". L'auteur n'est parfois pas très tendre avec certaines œuvres. Il ne s'agit pas de grande littérature mais c'est facile à lire, y compris dans le désordre. Merci Geoffrey de nous l'avoir présenté.

 
Russell Banks, Sous le règne de Bone. Ce roman se déroule aux USA dans les années 1990. Un adolescent issu d'une famille de l'Amérique profonde quitte le domicile familial pour partir en ville. Au fil de son périple, il rencontre des marginaux, se retrouve en Jamaïque dans une communauté rasta... Un véritable road-movie, écrit comme si c'était l'adolescent qui parlait. Ce roman rappelle par bien des aspects L'Attrape-coeur de Sallinger. Ce grand classique de la littérature américaine date des années 1950 et raconte l'histoire d'un adolescent qui s'enfuit de son pensionnat et erre dans New-York aux alentours de Noël. Isabelle vous recommande la lecture des 2 !











Michel Pastoureau, Dominique Simonnet, Le petit livre des couleurs. Marion nous présente ce petit livre, qui retrace l'histoire des couleurs en Occident. On y apprend que la classification des couleurs telle qu'on la connaît (couleurs primaires, secondaires...) est apparue au début du XXème siècle. Auparavant, les couleurs se déclinaient selon le triptyque noir/blanc/rouge. La symbolique de chaque couleur est expliquée. Par exemple, le bleu est la couleur du consensus ; une étude a révélée que la plupart des gens l'indiquent comme leur couleur préférée lorsqu'ils sont interrogés. Le livre nous explique également l'évolution des couleurs au fil du temps. Par exemple, le rouge était au Moyen-âge la couleur des jeunes mariés.  L'ouvrage, rédigé sous forme de dialogue entre les deux auteurs, est passionnant.

Reif Larsen, L'extravagant voyage du jeune et prodigieux T. S. Spivet. Delphine nous présente ce livre original, qui présente dans ses marges de nombreuses annotations et croquis. C'est l'histoire d'un jeune garçon passionné de géographie qui participe à un concours scientifique. Lorsqu'il apprend qu'il a gagné le premier prix, il décide de partir le chercher, seul. Il traverse donc les USA et fait toutes sortes de rencontres. Le livre a été adapté au cinéma par Jean Pierre Jeunet, le film est sorti en salles le 16 octobre. Voici le lien pour la bande annonce : https://www.youtube.com/watch?v=3nWqxoxI3T4




John Irving, A moi seul bien des personnages. Victor nous présente le dernier ouvrage de John Irving. On y suit un homme depuis l'adolescence à un âge avancé. Bisexuel, il décrit son mal être et ses difficultés à s'insérer au sein de la société américaine. Écrit à la première personne, il peut parfois être dérangeant, notamment lorsqu'il décrit en détail les ravages du sida dans les années 1980.

Fred Vargas, L'armée furieuse. Pauline nous présente le dernier ouvrage de la célèbre auteure de roman policier. Le commissaire Adamsberg s'interroge sur plusieurs meurtres ayant eu lieu en Normandie, après une prédiction. Si vous aimez l'action, ce livre n'est pas pour vous car le commissaire est nonchalant. Par contre, si vous avez l'esprit poétique et métaphysique, l'ouvrage vous plaira surement !


Steve Mosby, Les fleurs de l'ombre. Durant ses vacances, Pauline a également lu ce roman qui a pour héros un jeune professeur d'université. Ce dernier, après la mort de son père, va enquêter sur les circonstances de cette dernière. Il va découvrir que celui-ci travaillait sur le meurtre d'une petite fille et reprendre l'enquête... Le livre est sympathique et bien écrit. 


Titiou Lecocq, Les morues. Encore une lecture de Pauline. Il s'agit d'un premier roman, écrit par une blogueuse, journaliste de profession. On y suit Emma et Fred, qui voient leur univers bouleversé par le suicide d'une de leurs amies. Ils veulent comprendre et vont être amenés à découvrir ce qui se passe dans le monde de la privatisation en France. Le roman traite de l'acceptation de la disparition d'un être cher tout en nous faisant partager la vie de personnages attachants. Petite originalité, à la fin de chaque chapitre, une playlist est proposée à l'écoute. L'histoire va être adaptée au cinéma par Sylvie Testud.


Corinne Maier, Tchao la France. Voici un ouvrage qui a fait polémique au mardi du livre. Véritable pamphlet contre la France, il donne une multitude de raisons pour s'exiler. L'auteure, très vindicative, ne mâche pas ses mots. Pour elle, rien ne vaut la peine de s'arrêter dans l'hexagone. Tout y passe : politique, éducation, religions, travail... pour chaque sujet, elle trouve des arguments, s'appuyant sur des études et des chiffres. Le livre, qui peut sembler au premier abord intéressant afin de porter un regard critique sur la nation, lasse vite et déprime. Dans le climat ambiant de morosité et de pessimisme, une telle lecture abat les plus réjouis. Après plusieurs chapitres, on se demande ce qui a bien pu amener l'auteure a devenir aussi haineuse contre son propre pays. Il est intéressant de voir les réactions des gens lorsqu'on parle du livre : ils s'énervent, haussant la voix pour défendre leur pays comme si remettre en question la société française était un crime de lèse-majesté. Pour les fans de No Kid, (autre ouvrage du même auteur), vous retrouverez le mordant mais un peu moins l'objectivité et c'est dommage.





Merci à tous les participants ! Rendez-vous le mardi 5 novembre pour la prochaine rencontre, au Café, 17 rue Flatters, à Amiens, 20h.