vendredi 9 mai 2014

Mardis du livre d'avril et de mai

Comme chaque premier mardi du mois, avril et mai ont vu se réunir les amateurs de lecture au Café, à Amiens. Voici un résumé des ouvrages présentés pour ceux qui chercheraient des idées de lecture. 

Sulak de Philippe Jaenada. Blandine nous a présenté ce roman qui raconte la vie de Bruno Sulak, un homme qui a sombré dans le banditisme suite à un malheureux concours de circonstance. L'auteur, journaliste, peint le héros de telle sorte qu'il en devient attachant, d'autant plus qu'il n'utilise jamais la violence. L'ouvrage tient autant du documentaire du roman, si ce n'est plus. La lecture peut être affectée par la façon qu'à l'auteur de faire des digressions dans le récit, en racontant sa vie personnelle au moment où il écrit. Pour ceux qui connaissent la chanson de Renaud Gérard Lambert, Blandine trouve qu'elle correspond parfaitement à l'esprit du livre. 





Yeruldelgger, de Ian Manook. Le deuxième coup de cœur de Blandine est un roman policier qui se déroule en Mongolie. Plusieurs chinois et une petite fille sont retrouvés morts. Le policier chargé de l'enquête va tenter de faire le lien entre ces événements mais il est perturbé par des problèmes personnels et se voit retirer l'affaire. Il va pourtant continuer d'enquêter de son côté. Le roman est sanglant, avec beaucoup de passages difficiles. Cependant, si cela ne vous rebute pas, vous pourrez apprendre beaucoup de choses sur la Mongolie, ses traditions et la difficulté de concilier ces dernières avec la modernité. 


Le mystère d'Edwin Drood, Charles Dickens. Ce roman du célèbre auteur anglais est sa dernière œuvre. Épuisé par une tournée promotionnelle, il mourra avant de l'achever.  L'édition archi poche le présente avec une fin rédigée par Paul Kinnet, un écrivain belge né en 1915 et c'est une réussite. L'histoire se déroule dans une petite ville nommée Cloisterham. Deux orphelins, Edwin et Rosa, sont promis l'un à l'autre et s'apprêtent à se marier dans l'année mais l'arrivée de deux autres orphelins du même âge dans la ville va perturber le cours de leur vie. Edwin disparait et tout le monde tente de le retrouver. Un roman avec des personnages sympathiques et intriguant, qui tient en haleine jusqu'au dénouement.




Au bon roman, de Laurence Cossé. Deux personnages, Ivan et Francesca, décident de créer la librairie idéale. Afin de savoir quels ouvrages la constitueront, ils font appel à leurs auteurs contemporains préférés et leur demandent de leur remettre chacun une liste des meilleurs romans selon eux. Afin de garantir le secret autour du choix des ouvrages, Ivan et Francesca sont les deux seuls à connaître les noms des décideurs, lesquels ne savent pas qui sont leurs pairs. Pourtant, les auteurs sont victimes les uns après les autres d'agressions étranges... Le roman, qui débute sur les chapeaux de roues, s'avère au fil de la lecture un peu décevant mais ravira les amateurs de romans car l'on y parle longuement d’œuvres connues et du plaisir de lire.


Aimez-vous Brahms, de Françoise Sagan. Ce roman raconte la vie de Paule et Roger, un couple marié depuis de longues années et qui n'a plus grand chose à se dire. C'est l'histoire du quotidien, de la banalité qui s'installe dans tous les couples. Lorsque Paule redécore un appartement, elle rencontre un jeune homme qui devient son amant et lui redonne le goût de vivre. Le livre date de 1959 et cela se ressent par bien des aspects. Par exemple, l'auteur a tendance à "faire toute une montagne" - pour reprendre l'expression de Delphine - de la différence d'âge entre Paule et son amant, alors que de nos jours c'est banal. Il faut donc voir le livre comme un roman historique et le lire avec plaisir. 


Avec mon meilleur souvenir, Françoise Sagan. Cet ouvrage autobiographique se présente sous forme de courts chapitres, dans lesquels l'auteure présente des personnages célèbres qu'elle a côtoyé mais aussi des entités comme le théâtre ou encore la vitesse. Il se lit très vite et avec plaisir. 


Les Hauts de Hurlevent, Emily Brontë. Ce roman très sombre raconte l'histoire d'une famille sur plusieurs générations, dévorée par la haine et la rancœur. Les personnages sont assez fascinants et jusqu'à la fin on est happé par l'histoire.




Comme un trou dans la tête, Jen Banbury. Ce roman, qui oscille entre comique et désespoir, raconte les aventures d'une libraire qui voit les ennuis arriver lorsqu'elle rachète à un nain une édition très recherchée d'un ouvrage de Jack London. L'histoire se déroule à Los Angeles à un rythme effréné qui peut lasser certains lecteurs. 




Trailerpark, Russel Banks. Ce roman raconte la vie des habitants d'un camping à l'année, dans le New Hampshire. Les personnages sont tous un peu paumés et tentent de survivre aux abords d'une ancienne ville minière. Comme toujours avec Banks, les personnages sont fascinants et l'étude de mœurs élève la réflexion. 


Quelque chose à te dire, Hanif Kureishi. Ce roman se déroule à Londres, des années 1970 à nos jours. Le personnage principal, un psychiatre d'origine pakistanaise, raconte sa vie, ses doutes, ses joies et ses peines. Il est entouré de personnages assez excentriques qui donnent à ce roman beaucoup de piment. Une lecture très agréable.



lundi 17 mars 2014

Mardi du livre du 4 mars 2014

Une fois n'est pas coutume, le mardi du livre fut délocalisé chez Geoffrey, qui a eu la gentillesse de nous accueillir dans son joli appartement du centre-ville.Comme bien souvent et tout à fait par hasard, un thème s'est dégagé des lectures de chacun et a orienté le débat de la soirée : la dictature. 

Kirinyaga de Mike Resnick. Ce roman de science-fiction, présenté par Kokoé, invite à réfléchir sur les effets de la dictature. Il se déroule sur une planète imaginaire appelée Kirinyaga qui ressemble beaucoup à l'Afrique de l'est mais où la savane a disparue, remplacée par du béton. La planète est dirigée par un gourou qui a le contrôle sur les habitants, jusqu'à ce qu'une petite fille qui veut apprendre à lire remette ce monde en question. Ce roman date de 1998 mais les thèmes abordés sont toujours d'actualité.


Allah n'est pas obligé, Ahmadou Kourouma. Ce livre a obtenu le prix Renaudot en 2000. L'auteur a été tirailleur sénégalais et a écrit plusieurs ouvrages sur la colonisation et les effets de la décolonisation. Dans ce roman, il se met dans la peau d'un enfant soldat qui raconte son quotidien. Le ton est particulier car l'enfant écrit en s'aidant de dictionnaires, utilise beaucoup de proverbes. Le livre peut être utilisé comme sensibilisation contre l'exploitation des enfants soldats, cependant il n'est pas à mettre dans les mains des plus jeunes car il est assez violent. Kokoé, qui nous le présente, l'a étudié à l'école et en le relisant aujourd'hui avec du recul, s'étonne qu'il soit au programme au collège mais nous le recommande tout de même.


Petit traité de l'abandon, Alexandre Jollien. Ce philosophe a déjà été présenté aux mardis du livre. Cette fois, c'est Pauline qui nous parle d'un autre de ses ouvrages. Dans celui-ci, il apporte aux lecteurs des conseils afin d'abandonner les choses négatives, d'apprendre à relativiser. Influencé par la méditation bouddhiste et de nombreux philosophes, l'auteur présente au lecteur ses réflexions dans de petits chapitres qui se lisent rapidement. Un CD permet de réécouter à volonté.


La mort s'invite à Pemberley, P.D. James. Ce roman a pour prétention d'être la suite du célèbre Orgueil et Préjugés de Jane Austen. S'attaquer à un tel monument de la littérature est un pari risqué que, selon Pauline, l'auteur n'a pas remporté. Les personnages ne correspondent pas à ceux de l’œuvre de Jane Austen, c'est comme si leurs caractères avaient totalement changés pour que l'auteur puisse en faire ce qu'il souhaite. Mis à part cela, l'intrigue policière est très bien écrite et haletante. Les lecteurs n'ayant pas lu Jane Austen apprécieront sans doute le roman, pour les autres, il faudra oublier le premier livre. A noter, une mini série en 3 épisodes a été tirée de cet ouvrage sous le titre Death comes to Pemberley. Elle a été réalisée par la BBC en 2013.


Hunger Games Suzanne Collins. Cet énorme succès de librairie, ciblant le lectorat adolescent, est un roman de science-fiction. Il se déroule dans un monde qui a été ravagé par une guerre et recomposé en districts, géré par un capitole tout puissant. Les districts sont à la merci du capitole, la population est enfermée dans des sortes de camps et souffre, notamment de la faim. Chaque années, des jeux sont organisés et les districts doivent fournir des adolescents qui vont se combattre à mort dans une arène. Avec cet ouvrage, la discussion revient autour de la dictature et de la façon dont on peut tenir le peuple par "le pain et le cirque" pour paraphraser Paul Veyne ; ou encore sur la répression. Les films qui ont été tirés des 3 tomes sont épurés par rapport aux ouvrages, lesquels sont bien plus violents et dont la lecture n'est pas recommandée aux plus jeunes.


Olive Knitteridge Elisabeth Strout. Ce roman a reçu le prix Pulitzer en 2009. Son originalité réside dans le fait que l'héroïne, Olive, n'est jamais le centre de l'histoire : elle ne fait que passer dans la vie des autres personnages que l'on suit. Il y a donc pour chaque chapitre un personnage principal différent dont on suit un moment de la vie et où Olive fait une apparition. Le roman est magnifiquement bien écrit et superbement orchestré car malgré la multitude de personnages, l'on ne s'y perd pas.


La chambre des vies oubliées, Stella Duffy. Ce roman se déroule à Londres. Robert est un vieil homme qui cherche un repreneur pour son pressing. Akel, jeune homme d'origine pakistanaise, répond à l'annonce passée par Robert et va passer un an au pressing à apprendre le métier. Les deux hommes vont apprendre à se découvrir alors qu'ils évoluent dans deux mondes différents et ont des opinions et des parcours à l'opposé. Chaque chapitre présentant la connivence qui s'installe entre les deux est alterné avec un autre, où l'on suit des clients du pressing dans leur vie quotidienne. On découvre Londres, les différents milieux sociaux qui y vivent, les préoccupations de la société actuelle et les petits secrets de Robert. Un beau roman contemporain qui plaira d'autant plus aux amoureux de Londres.


Prochain rendez-vous le mardi 1er avril (et ce n'est pas une blague...) au Café, 17 rue Flatters à Amiens, à 20h.